Qui aurait bien pu imaginer celà. Dans un si petit village, en quelques heures, voir autant dé monde parlant toutes les langues de l'Europe... Pour selon, tous les exposants ont réussi à faire face, un paysan a vu son champ envahi par les voitures. Un grand merci à tous ceux qui ont donné de leur temps, de leur patience de leur savoir vivre pour que la convivialité demeure reine d'une pareille journée. Chacun a pu boire un verre quand même !

Vous l'avez bien compris, notre soirée de vendredi restera mémorable tant dans sa fréquentation que dans son animation basée sur la tradition rurale, une ruralité qui se veut heureuse d'apporter une telle convivialité dans un village qui a vécu des années de ruralité, faite de travail, de labeur, de chance ou de malchance, une ruralité pas toujours heureuse....

Tous les exposants avaient prévu ce flux de personnes et avaient bien pris soin de remplir leurs étals. Ils avaient vu juste !

Revenons aux animations de la soirée qui prenaient le chemin du grain au pain.

Microfolie :

Tout d'abord, dans la salle communale, au stand de la microfolie, on pouvait s'interroger sur deux tableaux mis en évidence : un d'Anibale Karache (1600) et un autre de Magritte, (1950) afin d'en découvrir les différences ou les similitudes. Par ailleurs, une autre animation autour de la peinture et des pigments s'adressaient aux enfants.

Le commerce dans la rue

Dans la rue, bien vite, on a du faire la queue pour faire ses courses. Même le stand de glaces a du jouer les prolongations jusque 22h pour servir tous les gourmets qui réclamaient la glace à la ferme au parfum de baie de chèvrefeuille bleu : la camerise !

Passage obligatoire près du stand de "lopain au levain", ou Armand Durupt de la Chaume proposait une gamme de pain de campagne au tournesol, à la noix et à la tome, au lin moulu, à la graine de courge ou tout simplement, complet et brioché, ajoutez y le pain de seigle...

En creusant un peu, on s'aperçoit qu'Armand et Mélanie, sa compagne vivent en autarcie sur leur ferme, ils cultivent leurs céréales, les moissonnent, fabriquent leur farine à l'aide d'une meule de pierre, font leur pain qui trouve preneur les jours de cuisson sur la ferme, dans une grande surface locale et sur certains marchés.

Si le couple a, en à côté une cinquantaine de moutons, ce sont deux activités qui se complètent très bien. La transformation des céréales en pain, c’est magique ! Les résidus des céréales passent ensuite dans l’alimentation de nos animaux et le fumier repart sur les champs : la boucle est bouclée. Le couple passe tous ses produits dans la filière du producteur au consommateur, quasiment à 100%.

Les animations du jour :

Ah ces bénévoles, rien ne les arrête. Entre la voiture de gerbes, arrivée dans un hhalat (chariot à échelle), les fléaux pour battre les épis sur une toile, à même le sol, le dieul qui se transforme en paille à liens, les batteuses (mouercherie) à deux mains, ou électrique, le van ou tarare pour chasser les impuretés dans le grain, le "rouello" pour tirer le grain (sorte de râteau) le "reccueillo" pour ramasser le grain, le "double" pour mettre le grain, le concasseur pour écraser le grain et le mettre dans le trieur de farine, rien n'avait été oublié.

Ajoutez-y lune presse pour empiler la paille et la moissonneuse lieuse datée des années 60 du siècle dernier, sortie du grenier de Arthur Beluche, il n'en reste plus que 3 en France sur 200 modèles fabriqués, il est allé la chercher du côté de la frontière Suisse et Autrichienne.

Le musée de Courtelevant (90) présentait un moulin miniature, réplique de celui qui sert de musée pédagogique, pouvant accueillir un millier d'enfants par an ! Les kilos de farine de blé et de seigle, travaillés à la meule de pierre ne sont pas repartis près de Belfort, ils ont vite trouvés preneurs. Le succès des chaufferettes aux grains de blé n'ont pas connu le même succès. La météo n'a pas aidé !

La boulangère locale, Isabelle a fait des boules de pains qui ont été cuites aussitôt dans le four au feu de bois, là aussi : un succès garanti.

Jimmy, le boulanger de la maison REMY du Thillot, a conseillé plus de 50 enfants à pétrir des boules de pâte afin qu'ils puissent repartir avec leurs petits pains briochés tressés, cuits sur place.

Michel Lambert, avec sa parole généreuse, est venu, en fin de soirée, animer un peu plus ce stand, en présentant ses invités : une dame de Vannes deux autres personnes du Boulay et du Tholy, Pascal (son fils) du Coq en Pâte à Remiremont, et Jean Stéphane le fils du grand chef cuisinier Jean Claude Aiguier, Tout le monde a fait son petit pain également.

L'association du Pays du chalot était présente avec ses fourneaux et gaufriers, il parait qu'ils ont eu chaud...

Les rencontres insolites :

- Les copains de Poitiers, ils se sont côtoyés en collège, au lycée et en Fac, se sont retrouvés autour de Simon à Plombières et sont venus au marché de producteurs, savourer un bon burger vosgien, après avoir disputé une mini partie de cartes pour passer le temps de l'attente.

- Rencontre avec ce monsieur qui a passé toute sa vie active à Bormes les Mimosas, mais qui a souhaiter revenir en terre vosgienne, la mentalité est différente.

Qu'en dit-on dans la rue ?

C'est bien ces thèmes qui font revivre le passé, ça fait du bien à tout le monde, nos parents ont travaillé ainsi, ça rappelle des souvenirs, ce n'était pas toujours facile, les enfants aidaient dans toutes ces activités, souvent, on se lavait dans la fontaine. Ici, au vu du nombre d'habitants recensés au village, par rapport aux milliers de présents ce soir, cela reste convivial, tout le monde se parle. Il y a une bonne ambiance, les gens sont sympathiques, que ce soit entre commerçants et clients, tout le monde est unanime : c'était une bonne soirée !

Analyse :

Si ce marché est un véritable moteur économique crucial pour tous les producteurs et exposants, les organisateurs sont cependant bien conscients du risque de voir un succès se transformer en une sorte de surfréquentation, ils ont en tête de faire le maximum pour satisfaire tout le monde.

Ils demandent aussi à chacun de considérer ce marché comme un marché de producteurs.

Les tables mises à disposition, sont avant tout, destinées à la buvette, si on y casse une petite croûte, pourquoi pas, mais avec les produits du marché, pas avec les crudités, canettes de bière, tartes, apéro, vin maison, comme on le constate chaque semaine....

Pensez aussi à ces tables que vous avez dépliées et que les animateurs de buvette ont en charge de les ranger, le soir.... Difficile de satisfaire tout le monde, essayez de faire pour le mieux. Les bénévoles vous disent merci.

La semaine prochaine ce sera la fête au village.

Pensez à la galerie photo et à visiter la salle de classe d'autrefois à l'école, ouverte chaque vendredi soir.